L'accès humanitaire, c'est la capacité des organisations à atteindre les populations dans le besoin, et celle des populations à accéder à l'aide. Sans accès, le meilleur financement reste sans effet : les bailleurs veulent savoir comment vous l'obtenez et le gardez.
1. Les contraintes d'accès
OCHA les classe notamment ainsi : restrictions de mouvement imposées par les autorités ou les groupes armés, ingérence dans les activités, violence contre le personnel et les biens, insécurité et hostilités, obstacles physiques (routes, saisons des pluies), contraintes administratives (permis, visas, enregistrement), restrictions faites aux populations elles-mêmes.
2. Les principes, base de l'acceptation
Humanité, neutralité, impartialité, indépendance : ils ne sont pas que des mots. Une organisation perçue comme partiale perd son accès. L'acceptation se construit avec les communautés, les autorités traditionnelles et toutes les parties : expliquer qui vous êtes, ce que vous faites et selon quels critères vous choisissez les bénéficiaires.
3. Négocier
Préparer chaque négociation : cartographie des acteurs et de leurs intérêts, lignes rouges de l'organisation, mandat clair du négociateur, coordination avec les autres organisations pour ne pas être mis en concurrence. Documenter chaque accord.
4. Gestion de la sécurité
Analyse de contexte, plans de sécurité, procédures de mouvement, suivi des incidents. Les plateformes de sécurité des ONG (comme INSO) fournissent analyses et alertes aux ONG enregistrées. Le personnel national est souvent le plus exposé : il doit avoir les mêmes protections.
5. Dans votre proposition
- Décrire l'accès réel aux zones ciblées et sa source (présence, partenaires locaux, expérience).
- Prévoir des alternatives : partenaires locaux, gestion à distance, suivi par des tiers.
- Budgéter la sécurité et l'accès (formation, communication, véhicules, assurances).